On dirait que c'est plus facile d'affronter les grandes misères avec du courage. Elles nous frappent de plein fouet et on déploie toute notre énergie à se relever. Les grandes misères attirent la compassion, et c'est avec l'appui des autres qu'on peut finalement passer au travers. Et pis quand c'est une nuée de petites niaiseries qui assaille, bon dieu que c'est donc dur de pas s'asseoir pour juste pleurer! Le courage juge pas nécessaire de s'en mêler . Y qu'on a donc juste envie de s'apitoyer sur son sort. Trois au quatre p'tits cossins et on croirait que la fin du monde vient d'arriver. C'est aussi problématique de raconter ses p'tites misères. C'est que des broutilles, après tout! On ne peut pas vider son sac sans avoir cet indéniable sentiment de faiblesse, cette sensation d'être lâche d'être triste, puisqu'il y a tellement plus grave comme problèmes!

Et comme c'est ce sentiment là qui me turlupine, je préfère l'écrire là. En espérant que sa soulage, à quelque part, d'écrire ses bibittes sur papier virtuel.
Les tresses.....bin oui, les tresses. Après une semaine et demi, j'ai déjà la tête de quelqu'un qui les porte depuis des mois. Elles ont glissé, j'ai maintenant une belle ''repousse'' de presque deux centimètre. Il paraît que c'est à cause de mes cheveux lisses...Caline. Sa m'a coûté tellement cher! Je croyais en avoir pour deux ou trois mois, sans avoir à m'en faire avec cela! Et voilà que je ne sais même pas si je pourrai les garder jusqu'à la rentrée sans présenter une tête de robineuse.... Je suis tellement déçue, j'ai l'impression de m'être fait roulé complètement..je crois que ça m'apprendra, à essayer de me faire belle.
Ce qui m'amène à l'argent. Puisqu'il ne va pas durer, cet investissement là prend le bord, je me retrouve à avoir jeté mon argent par les fenêtres. Comme si je pouvais me permettre d'en perdre...ca coûte si cher, Montréal! J'ai fait tant de mauvais choix, qui me coûtent les yeux de la tête, parce que j'étais mal informée! Les meubles, les livres, l'autobus, la nourriture, l'appartement..la facture était assez longue avant d'avoir à rajouter galons de peinture, billets d'autobus pour aller peinturer , produits nettoyants pour tout les dégâts...Je sais qu'à cause de tout cela je vais devoir me trouver un travail dès la rentrée. Est-ce que je vais être capable? Le secondaire était déjà demandant, le Cegep, qu'est-ce que ce sera? Un double DEC en plus? Je ne sais pas si j'ai fais le bon choix. Je veux continuer la danse, mais au fond, je ne suis pas si bonne que cela! Est-ce que j'ai eu raison d'aller étudier là-dedans? Les auditions de classement arrivent et je me sens de plus en plus poche. Mireille est tellement meilleure!Pourtant, on se suit depuis toujours... Elle est acceptée dans cette école privée, et puis on lui a demandé de faire un solo au dernier spectacle..enfin, notre dernier spectacle à nous deux. On a pas pensé à moi pour cela!...je ne dois pas être très bonne, à faire les même pas que les débutantes! J'ai tellement peur d'avoir un mauvais classement et de me retrouver dans une classe de débutants..Et pourtant, je le sais, que je ne suis jamais en tête de la ligne!
Et puis Montréal, Montréal, ça va être avec Klo. Ça me fais tellement mal de la voir..Pourquoi est-ce que je n'ai pas pu l'aider?Pourquoi ça pas suffit?Pourquoi personne ne me croyait, on aurait pu agir tellement plus tôt! J'ai été douce, j'ai été dure..gentille, méchante, franche ou réconfortante, j'ai essayé tout ce que je pouvais. J'ai été la voir à Ste-Justine, j'ai payé les billets et l'auberge... Pourquoi elle? Annie est guérie! Pourquoi pas elle? Elle est tellement belle , intelligente, une famille fantastique, pourquoi elle? Je serais malade à sa place, si je pouvais, seulement pour qu'elle puisse profiter de sa vie sans s'inventer des prisons tout le temps. Sa me déchire et pourtant tout ce que j'arrive à faire, maintenant, c'est l'éviter. Sa fait trop mal, de la voir ou de l'entendre me mentir sur son état.
Alors voilà. C'est un peu cela. Au moins, je serai soulagée d'avoir pleuré un petit coup, et pour le reste, les moindres parmi les moindres des problèmes , essayons de ne pas trop nous en faire...ce n'est pas le moment de mourir étouffée, ensevelie sous un tas d'emmerdes (pardonnez l'expression) de toute sortes, alors même si je n'entre plus dans mes jeans ou que les horaires de travail ne laissent pas voir grand monde, bon....haussons les épaules, et changeons nous les idées, pas vrai?







